Appel. Urgence pour la santé publique

Pourquoi le Conseil régional d’Île-de-France doit-il convoquer des Assises de la santé ?

Depuis quelques années, la situation à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris ne cesse de se dégrader, que ce soit au plan social ou comptable. L’accès à la santé et aux soins en net recul, la réforme des collectivités territoriales met en danger les centres de santé, et l’évolution de la démographie médicale couplée au recul de l’assurance maladie creusent les inégalités, sans compter la fermeture de centres IVG ou de maternités de proximité, le manque de moyens criant de la santé publique,

Avec la loi Hôpital, patients, santé, territoires (HPST), la mise en place des agences régionales de la santé (ARS), nous entrons dans une nouvelle ère de la restructuration politique, au plan des régions, des questions de la santé et de la protection sociale. Ce n’est pas une régionalisation mais une hyperconcentration, au niveau du préfet de région et du directeur général des ARS, de pouvoirs considérables, sous contrôle des ministères de la Santé et de l’Intérieur. C’est un pas supplémentaire dans la privatisation de la santé, au détriment de l’assurance maladie, organisant chaque jour son déficit pour mieux la livrer aux appétits des grands groupes financiers de l’assurance.

Conjointement, la place des élu-e-s locaux, des représentants des personnels médicaux et des salarié-e-s est ainsi confisquée. Ce sera plus de fermetures de services et d’hôpitaux, mais aussi des centres de santé en danger, une médecine libérale à plusieurs vitesses, des spécialistes difficilement accessibles, des centres IVG et des maternités de proximité qui ferment, le démantèlement de la psychiatrie et une instrumentalisation sécuritaire de celle-ci, la remise en cause de la prise en charge des patients contaminés par le VIH. Les ARS ont une mission claire : redresser les comptes et, pour cela, restructurer, exiger la suppression d’emplois.

Nous demandons donc la convocation d’Assises régionales de la santé par le conseil régional d’Île-de-France afin de proposer une alternative à cette casse de la santé et définir ensemble et démocratiquement une politique par territoire, assise sur une protection sociale basée sur le principe « chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins ».

Signataires : Pr Albert Bensman ; Dr Jacques Bellin ; Corinne Bluteux, cadre de santé, maire adjointe Savigny-le-Temple ; Sylvie Bouvier, militante syndicale ; Dr Jean Brafman, chirurgien-dentiste ; Ian Brossat, conseiller de Paris ; Jean-Claude Chailley, militant syndical retraité ; Patrice Chauveau, pharmacien, élu d’Argenville ; Bruno Pascal Chevalier, militant associatif d’usagers de la santé ; Dr Cohen Fabien, chirurgien-dentiste, syndicaliste ; Antoine Colombani, association d’usagers ; Alain Desmarest, vice-président du conseil général du Val-de-Marne ; Jean-Marc Devauchelle, responsable syndical AP-HP ; Pr Didier Dreyfuss, Appel des appels ; Pr Jean-Luc Dubois-Rande ; Pr Roger Ferreri ; Yves Gegou, cadre supérieur de santé retraité, collectif des 39 contre la nuit sécuritaire ; Jean-Luc Gibelin, militant syndical, directeur hospitalier ; Pierre Gosnat, député-maire d’Ivry-sur-Seine, président de l’association des maires du 94 ; Alain Gratadour, président de la Solidarité mutualiste ; Thierry Guigui, militant syndical AP-HP ; Florence Haye, conseillère générale de la Seine-Saint-Denis ; Catherine Jousse, coresponsable du secteur santé protection sociale de l’Ufal ; Marie Kennedy, conseillère générale Val-de-Marne chargé de la santé ; Dr Moncef Ketari ; Serge Klop, infirmier psychiatrique, collectif des 39 contre la nuit sécuritaire ; Jeannick Lelagadec, maire adjointe de Champigny ; Alain Lhostis, conseiller de Paris, ancien président délégué de l’AP-HP ; Dr Michel Limousin ; Pierre-Etienne Manuelan, directeur de centre de santé ; Nathalie Marchand, secrétaire médicale, syndicaliste AP-HP, Dr Didier Menard, syndicaliste ; Françoise Monaque, maire adjointe d’Argenteuil ; Jean-Pierre Morvan, maire adjoint ; Cécile Moutte, maire adjointe de Juvisy, vice-présidente de Ensemble pour une santé solidaire ; Dr Françoise Nay, vice-présidente coordination nationale des hôpitaux et maternités de proximité ; Dr Patrick Pelloux, syndicaliste ; Bruno Piriou, vice-président du conseil général de l’Essonne ; Michelle Plottu, présidente du comité de défense de l’hôpital de Juvisy ; Dr Christophe Prudhomme, porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France ; Jocelyne Riou, association d’usagers de défense de centre de santé ; Rose-May Rousseau, responsable syndical AP-HP ; Gérard Salkosky, maire-adjoint, collectif pour la défense de l’hôpital de Lagny ; Dr Muriel Salmona, présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie ; Maya Surdut, militante féministe, Cadac (Coordination des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception) et CNDF (Collectif national pour les droits des femmes) ; Dr Nora Tennenbaum, militante féministe Cadac ; Bernard Teper, coresponsable du secteur santé protection sociale de l’Ufal ; Dr Isabelle Titti-Dingong ; Marie-Pierre Toubhans, cadre médico-sociale ; Dr Alain Tyrode.

Cet appel a fait l’objet d’un vœu déposé 
par le groupe Front de gauche, le Parti communiste français, la Gauche unitaire et Alternative citoyenne, 
et adopté le vendredi 1er octobre par la majorité 
de gauche du conseil régional.

Source : L’ Humanité .fr du 25.10.2010

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