Newsletter du Comité de Défense de Novembre 2015

En février dernier, lors d’un débat avec les docteurs Prudhomme et Cesbron nous avions alerté sur les projets dangereux du gouvernement en matière de santé.

Malheureusement nos craintes se confirment. Le budget de la Sécurité Sociale vient d’être voté en baisse dans le cadre du « pacte de responsabilité » : économiser en 3 ans 10Mds d’euros sur la santé dont 3,4 en 2016, 1 milliard sur le seul budget hospitalier après les 600 Millions de 2015. A cela s’ajoute une perte de recettes de 5,3Mds d’exonérations de cotisations patronales pour la mise en œuvre de ce même pacte.

La loi Touraine est en cours d’adoption au Parlement qui accélère la politique de démantèlement du service public hospitalier.

Ces décisions n’ont pas pour objectif de répondre aux besoins sociaux et de santé de la population mais de réduire à tout prix les dépenses publiques de santé et d’offrir un marché juteux au capital qui en rêve depuis toujours.

En fixant l’évolution de l’ONDAM (objectif national des dépenses de l’assurance maladie) à 1,75% alors que l’augmentation mécanique des dépenses est évaluée à 4,3%, il est évident qu’on fait sciemment un double choix : entretenir artificiellement le « déficit » de la Sécu bien pratique pour justifier des mesures de régression, et ne pas répondre réellement aux besoins. Cela entraînera la suppression d’environ 22000 emplois.

De fait ce budget anticipe la loi Touraine dont le gouvernement a donné ordre aux directions d’ARS de la mettre en œuvre avant même qu’elle ne soit votée.

Ces derniers mois, les fermetures de maternités (Dourdan, Privas, Falaise, Lourdes), de services de chirurgie (Brignoles, Sarlat, Douarnenez), de services d’urgences (Valognes, Firminy, Saint-Vallier, Mantes) se succèdent à un rythme accéléré. Le processus est bien rodé. On publie un rapport « d’experts » qui fixe de façon arbitraire des seuils d’activité au-dessous desquels un établissement ou un service serait dangereux, puis on publie les noms des établissements visés. Le ministère dément mollement mais une campagne de communication prend le relais et crée le doute dans la population. Résultat : craignant une fermeture proche les médecins ne postulent pas, ceux qui sont déjà installés cherchent à trouver des postes plus pérennes. Faute d’un effectif suffisant et stable les conditions de fonctionnement se dégradent, les patients vont ailleurs, une baisse d’activité et une diminution des recettes fragilisent l’équilibre financier et justifient la fermeture  » au nom de l’intérêt général ». En même temps on propose une alternative de remplacement par exemple un « service d’accueil de soins non programmés ». Cela peut paraître anodin mais ce service ne fournit pas les mêmes prestations : il n’a pas l’obligation de disposer de médecins urgentistes ni d’être ouvert 24h/24 et 7j/7. Pour les patients concernés cela aboutit à des temps d’accès plus longs, à des frais de déplacement accrus, à des pertes de chance….

67 services d’urgences sont menacés à court terme dont celui de Magny en Vexin dans notre département.

C’est ainsi que se prépare la mise en place de la loi Touraine dont l’objet principal n’est pas la généralisation du tiers payant dont on a beaucoup parlé, mais celle de la création des Groupements Hospitaliers de Territoire (GHT) qui regrouperont environ 1200 hôpitaux en une centaine de GHT.

Vous trouverez ci-joint une synthèse des travaux de la Coordination Nationale de Défense des Hôpitaux et Maternités de proximité à laquelle nous participons concernant cette loi extrêmement grave pour l’avenir de notre système de santé et préparée dans l’opacité la plus totale.

Dans la région Languedoc ( 13 départements) qui a déjà commencé leur mise en place, il n’est prévu que 11 GHT. L’Aveyron, par exemple, sera coupé en 2 : le secteur de Rodez sera rattaché à Toulouse et celui de Millau à Montpellier.

Nous n’avons que peu d’informations sur ce qui se prépare en Ile de France. L’hôpital d’Argenteuil est menacé depuis plusieurs années. C’est grâce à notre mobilisation que nous avons évité sa fusion avec Eaubonne et obtenu qu’il reste un hôpital de plein exercice avec une direction autonome. Que va-t-il devenir? Le non financement de la suite des travaux de reconstruction ne peut que nous inquiéter sur l’évolution du projet.

L’hôpital de Villiers le Bel est en cours de fermeture malgré la mobilisation des personnels, des élus et des usagers. Les EHPAD de Sarcelles et de Marly la Ville sont menacées.

Les établissements privés à but lucratif peuvent être intégrés s’ils le souhaitent dans l’organigramme des GHT et choisir ce qui les intéesse.

Or les grands groupes financiers et fonds de pension investissent de plus en plus le terrain médical dans le Val d’Oise comme ailleurs.

Ainsi le groupe Capio qui possède déjà les cliniques de Domont et d’Ermont, vient de racheter la clinique du Parisis à Cormeilles. Il a lancé la construction d’une clinique ambulatoire qui ouvrira à l’automne 2016 à Domont et en prévoit une 2ème qui ouvrira à Cormeilles en 2017.

La clinique Conti à L’Isle Adam vient d’être rachetée par le groupe VEDICI déjà propriétaire de 35 cliniques et qui se prépare à racheter le groupe VITALIA appartenant au fonds de pension américain Blackstone qui possède déjà environ 40 établissements . Cela en ferait le 27ème groupe français MCO (Médecine – Chirurgie – Obstétrique) après la Générale de Santé. Il semble que cette opération se fasse avec le soutien d’Icade-santé, filiale de la Caisse des dépôts. Doit-on craindre que de l’argent public soit engagé dans cette opération?

A Bezons, la clinique du Plateau appartient à RAMSAY, fonds de pension australien. Celle du Pont ainsi que l’EHPAD  » Arc en Ciel » appartiennent au groupe KORIAN.

La loi Touraine ne prévoit rien pour mettre fin au pillage de la Sécu par les laboratoires pharmaceutiques. Ainsi SANOFI dont les profits tournent annuellement autour de 8 Mds, a reçu 125,7 Mds au titre du CICE alors qu’il a réalisé 4500 licenciements dont 2000 chercheurs.

Face à une entreprise de démantèlement du service public hospitalier qui aggravera la désertification médicale, les difficultés et les inégalités d’accès aux soins et privatisera de plus en plus la protection sociale, nous lançons un cri d’alarme: soyons vigilants et mobilisés localement comme nationalement. Nous pouvons et nous devons rebâtir un véritable service public de santé et reconquérir la Sécurité Sociale solidaire qui, à 70 ans, est toujours une idée d’avenir.

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23èmes RENCONTRES NATIONALES

COORDINATION NATIONALE
des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de proximité

« Les impacts du projet de Loi de santé »

SYNTHÈSE DES TRAVAUX

Rappelons tout d’abord, que la Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de proximité défend depuis sa création, l’accès aux soins et le droit à la santé pour toutes et tous.
Le projet de loi santé est assorti d’un document de présentation qui est un catalogue de bonnes intentions (mesures de prévention en direction des jeunes, généralisation du tiers payant,…)
Il est cependant apparu, à l’issue de l’analyse et des débats :
· qu’existe une contradiction entre les intentions annoncées et la finalité des mesures proposées,
· qu’il n’a pas d’autre objectif que d’amplifier les méfaits de la loi HPST (restrictions drastiques sur les budgets publics, marchandisation de pans entiers de la santé).

DÉMOCRATIE SANITAIRE :
Nous notons :
· le renforcement et l’élargissement des pouvoirs des Agences Régionales de Santé (ARS)
· le maintien du cantonnement des usagers aux seules instances consultatives à tous les niveaux et de leur désignation par les préfets.
Nous exigeons :
· la suppression des ARS,
· le remplacement des instances consultatives locales, régionales et nationales par des instances décisionnelles,
· la reconnaissance du rôle des représentants d’associations d’usagers-citoyens à la définition des besoins de santé, à l’organisation de la réponse à y apporter et au contrôle de son fonctionnement au niveau des bassins de vie et des régions sanitaires,
· une stricte parité dans les instances entre les différentes composantes (autorités sanitaires, professionnels de santé, élus et usagers)

HÔPITAL :
Le projet de loi prévoit l’obligation d’adhérer à un groupement hospitalier de territoire (GHT), la définition du territoire par le seul directeur d’ARS et des sanctions financières pour les établissements refusant l’adhésion.
Les GHT sont un outil favorisant de nouveaux reculs du Service Public de santé, auquel le projet de loi entend substituer un « service territorial de santé AU public ».
Les GHT conduiront à :
· la mutualisation forcée des moyens ( DIM-département d’information médicale- achats, formation, activités administratives, logistiques, et de recherche…)
· de nouvelles fermetures de services répondant à des besoins de proximité, au seul motif qu’ils pourront être qualifiés de « doublons » sur le territoire défini par l’ARS, afin de parvenir à un hôpital de référence par département.
· des reculs consécutifs à cette disposition du projet de loi offriront autant d’opportunités de développement du secteur privé avec obligation, pour l’hôpital public, de pallier les
défaillances ou les renoncements du privé.
· l’éclatement géographique des activités et un nouveau recul de la proximité, générant plus de déplacements et de frais pour les patients
· l’amplification des restrictions de moyens et des suppressions d’emplois, dans un cadre préétabli et contraint,                                                                                                                          · une mobilité géographique obligée des personnels au sein du GHT
Nous exigeons :
· Le rétablissement du maillage territorial et un vrai réseau gradué de structures de soins.
· Des sites hospitaliers de proximité dotés de : maternité, urgences et SMUR, chirurgie, avec moyens de surveillance continue, médecine de niveau 1, consultations spécialisées,
service d’imagerie, laboratoire d’analyse médicale, moyens techniques de télémédecine.
· Sites hospitaliers, points d’appui pour le service public sanitaire de proximité
· Sites ayant les moyens humains et financiers nécessaires à la réalisation de leurs missions
· Établissant des partenariats permettant la continuité des soins (hôpitaux spécialisés, CHU…)
· La suppression de la tarification à l’activité (T2A) et la recherche d’un mode de financement répondant aux besoins.

PSYCHIATRIE :
Le projet de loi ne modifie en rien les lois sécuritaires.
Il organise l’entrée de la psychiatrie dans le MCO (Médecine, Chirurgie Obstétrique), avec:
· la suppression à terme des hôpitaux psychiatriques,
· la redéfinition unilatérale des secteurs et la diminution des moyens entraînant une remise en cause des pratiques thérapeutiques, de la coordination et de la continuité des soins,
· le recul de la prise en charge diversifiée.
· l’intégration du privé lucratif dans le secteur                                                                          Nous exigeons :
· la préservation et le développement d’une politique innovante de secteur psychiatrique
· la mise en place d’une formation spécifique des personnels,
· l’abrogation des lois sécuritaires,
· une loi-cadre définissant les missions et les moyens de la psychiatrie.

MÉDECINE DE PREMIER RECOURS :
Les réflexions sur l’ensemble du parcours de soins continuent de partir de l’offre, à laquelle la demande doit s’adapter, et non de la prise en compte des besoins, et ce, sans évaluation contradictoire des résultats des lois précédentes.
Au sein du « service territorial de santé AU public » préconisé par le projet, l’appel à plus de coopération et de coordination entre professionnels de santé n’aura pas d’efficience sans reconstitution d’un maillage sanitaire de proximité (centres hospitaliers, centres de santé,
structures médico-sociales, médecins et personnels de soins).
L’hospitalisation de jour et l’ambulatoire, présentées comme « LA PANACÉE », sont surtout un moyen de réduire les dépenses, de fermer des lits, des services et des postes et amènent au transfert du post-opératoire vers le secteur libéral, avec augmentation du reste à charge, au détriment de la prise en charge solidaire.
Par ailleurs, face à la progression des déserts médicaux, urbains et ruraux et aux manques de spécialistes, le projet se borne à proposer que les généralistes volontaires se forment au rabais.
Le projet ne s’engage pas sur la création, le développement et le financement pérenne des centres de santé.
Nous exigeons
· l’augmentation du nombre de professionnels de santé formés
· la remise en cause de la liberté d’installation des professionnels de santé,
· l’instauration d’un service public de premier recours, prenant appui sur le développement de centres de santé
· la généralisation du tiers-payant pour tendre vers la suppression des restes à charge,
· que les dispositifs et équipements susceptibles de faciliter le développement des activités ambulatoires au sein des hôpitaux publics soient placés et restent sous le contrôle des dits
hôpitaux, qu’il s’agisse de leur réalisation, de leur gestion, de leur entretien ou de leur modernisation.
Pour toutes ces raisons, nous nous opposons au projet de loi de santé, exigeons son retrait et dénonçons son application anticipée dans le PLFSS 2015.
Sarlat les 22 et 23 novembre 2014

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Communiqué de la COORDINATION NATIONALE des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de proximité

Vous pouvez télécharger le document en allant sur l’onglet « Documents »

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HÔPITAL ? SANTÉ ? OU EN SOMMES-NOUS ?…

                                      Venez en débattre

                      MERCREDI 25 FÉVRIER A 20H30

Salle Gavroche – 35 rue des Barentins – Bezons

AVEC

Christophe Prudhomme : Médecin urgentiste – Membre du Haut Conseil pour l’Assurance Maladie – Co-auteur de la publication « Contre les prédateurs de la santé »

Paul Cesbron: Membre du bureau de la Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité.

La loi santé de Marisol Touraine va être mise en discussion à l’Assemblée nationale dans les jours qui viennent. Prête depuis plusieurs mois, elle est déjà contestée aussi bien par les personnels que par les usagers. C’est pourquoi sa présentation a été retardée, le gouvernement ayant fait voter auparavant la loi de financement 2015 pour la Sécurité Sociale. C’est une démarche anti démocratique et scandaleuse puisqu’elle enferme le débat public dans un carcan financier préétabli.

De plus, Mme Touraine a organisé une vaste opération médiatique autour de l’annonce de la généralisation du tiers payant, alors que, sans aucun moyen prévu pour sa mise en œuvre, il était évident que cela provoquerait des réactions pour une part justifiées, mais aussi récupérées par la droite et le secteur privé.

Ce rideau de fumée sert à cacher le fait que cette loi ne répond pas aux besoins et ne permet pas de diminuer la proportion de plus en plus importante de la population qui est contrainte de renoncer à des soins nécessaires. Même si elle allait à son terme la généralisation du tiers payant ne suffirait pas à résoudre ce problème. Il resterait nécessaire d’avoir une assurance complémentaire au lieu de reconquérir progressivement le remboursement complet par la Sécurité Sociale des soins prescrits.

Cette loi ne supprime ni les franchises et forfaits divers, pas plus que les dépassements d’honoraires dont « l’encadrement » n’a eu comme effet que d’inciter plus de médecins à les pratiquer! Elle ne permet pas non plus de lutter contre les profits pharaoniques des multinationales du médicament qui grèvent le budget de la Sécu.

Elle ne remet pas en cause les fermetures de services et d’établissements qui continuent à se multiplier en application de la loi HPST (Sarkozy-Bachelot).

En réalité, alors qu’on nous avait promis l’abrogation de la loi Bachelot, non seulement elle est maintenue, mais la loi Touraine poursuit sa mise en œuvre et l’aggrave encore.

Plus que jamais, notre système de santé et de protection sociale est attaqué de tous côtés.

C’est maintenant la cour des comptes qui prétend décider de la fermeture des maternités sur des critères parfaitement arbitraires. Depuis quand les énarques de cette institution reçoivent-ils une formation médicale leur permettant de juger de la qualité des soins prodigués ?

C’est le Conseil d’État qui attaque le monopole de l’Établissement Français du Sang en lui interdisant la fabrication de plasma thérapeutique à partir du sang collecté gratuitement , pour ouvrir le « marché » à la firme suisse Octapharma. C’est une première étape vers l’objectif de la privatisation du corps humain et la remise en cause d’un principe éthique fondamental basé sur la solidarité.

Il y a urgence à prendre des mesures pour stopper le démantèlement de notre système de santé et améliorer dès maintenant l’accès aux soins pour tous.

Il est nécessaire de se mobiliser pour construire une autre politique de santé qui permette que le droit à la santé redevienne un droit pour tous, conformément aux principes d’égalité, d’universalité et de solidarité qui ont présidé à la création de la Sécurité Sociale.

Il est évident que, dans ce contexte, l’hôpital d’ Argenteuil subit aussi les méfaits de cette politique. Alors que les efforts considérables demandés aux personnels avaient permis de revenir à un équilibre budgétaire, la réduction des budgets alloués a pour conséquence de nouveaux déficits ( 1,5 M€ en 2013 et une estimation de 4,5M€ en 2014).

Cela amène de nouvelles fermetures de lits, des suppressions de postes, une flexibilité imposée avec des remplacements à minima rendant plus difficiles les conditions de travail du personnel. C’est aussi la recherche de la diminution drastique de la durée d’hospitalisation. On fera bientôt sortir les malades à peine descendus de la table d’opération. Certes le développement de la médecine ambulatoire est un grand progrès et il ne s’agit pas de garder des patients inutilement, mais il est dangereux de les faire sortir trop tôt alors qu’il n’y a pas suffisamment de médecins et d’infirmières de ville pour assurer le suivi.

Le financement de la suite des travaux de reconstruction, dont la maternité, n’est toujours pas obtenu, l’ARS ayant donné priorité à une opération public- privé en Seine et Marne.

Des questions se posent également sur ce qu’il adviendra de l’hôpital dans le cadre de l’intégration d’Argenteuil dans Paris-métropole.

L’expérience l’a montré : c’est la mobilisation de tous qui permet d’avancer. Il est donc important que nous intervenions tant sur la situation propre de l’hôpital que sur le contenu d’une loi qui influera sur son avenir et sur les conditions d’accès aux soins auxquelles la population de notre territoire sera confrontée. Ensemble nous avons déjà sauvé cet hôpital, puis les services de radiothérapie et de rythmologie. Continuons!

Venez nombreux à la rencontre du 25 février et invitez largement autour de vous les gens à y participer. C’est notre avenir à tous qui est en jeu. Construisons-le ensemble.

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UN ETE MEURTRIER

La pause de l’été n’a malheureusement pas été bénéfique pour la population. Outre la morosité de la météo, la situation politique et sociale s’est lourdement dégradée.

La loi HPST a continué de faire des ravages que le vote en juillet des lois rectificatives des finances publiques et de la Sécurité Sociale n’ont fait qu’aggraver.

Alors que la situation est de plus en plus difficile pour la majorité de la population, que la casse industrielle se poursuit, que le chômage et la précarité n’ont jamais été aussi importants, que le pouvoir d’achat des ménages est plombé, qu’on compte un million de pauvres de plus qu’en 2011, le gouvernement continue et renforce sa politique ultra libérale au profit du patronat.

C’est en effet un cadeau de 41milliards qu’il offre au patronat alors que les entreprises françaises ont versé des dividendes en hausse de 30% au deuxième trimestre 2014 et que les sociétés du CAC 40 ont décidé de distribuer la moitié de leurs profits en dividendes, soient près de 40 milliards. Et, en contrepartie, alors que le MEDEF n’a pris aucun engagement de créations d’emplois, le gouvernement décide 50 milliards d’économies qui vont enfoncer encore plus le pays dans la récession entraînant appauvrissement et régression sociale pour la population.

Et c’est la santé, en particulier les hôpitaux publics, la Sécurité sociale et la protection sociale qui vont payer le plus lourd tribu à ce « pacte de responsabilité » qui, malheureusement, cède aux exigences du grand capital qui rêve depuis toujours de mettre la main sur le budget de la protection sociale: suppression des cotisations sociales, privatisations, ouverture d’un grand marché « libéré » de la santé….

DE LOURDES MENACES

Dans les prochaines semaines le PLFSS 2015 (Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale) va être discuté à l’Assemblée. Alors que le budget 2014 était déjà en régression, le gouvernement qui avait déjà annoncé 10 milliards d’économies, avance discrètement ces derniers jours l’idée que cela ne suffira sans doute pas…

Et le projet de loi de santé qui sera présenté début 2015, prolonge en l’aggravant la loi Bachelot, donnant tout pouvoir aux ARS pour accélérer les concentrations hospitalières devenues obligatoires, où le privé pourra faire son « marché », donnant toute liberté au secteur libéral au nom de la proximité…

Il n’y a pas d’issue dans cette fuite en avant de la privatisation, de la casse du service public hospitalier ! Il n’est pas possible de continuer dans cette voie qui oblige les malades à un parcours du combattant pour se faire soigner, qui aggrave les conditions de travail des personnels de santé, malades de ne pas réussir à bien faire leur travail malgré leur dévouement et leurs efforts.

Sans même attendre ces débats, l’ARS a déjà annoncé la suppression des crédits pour les actions de prévention bucco dentaires ainsi que , dans le 93, celle des crédits pour le dépistage de la tuberculose et du SIDA. Economies qui coûteront beaucoup plus cher à long terme et qui concourent à la dégradation de la santé des populations, en particulier les plus vulnérables, alors que pour le développement d’un pays, une population en bonne santé est un atout essentiel.

A ARGENTEUIL

Bien évidemment notre hôpital n’est pas épargné. La direction a réussi à limiter le déficit à 1,3 million d’euros et s’en félicite. Mais une fois de plus c’est le personnel qui a payé le prix fort : 30 postes supprimés – aggravation des conditions de travail.

De plus, le financement des tranches 2 et 3 de la reconstruction, dont la maternité, n’a toujours pas été obtenu; la centrale de prélèvements est fermée pour une durée indéterminée, ce qui renvoie les patients vers les labos privés; la blanchisserie- relais va être externalisée.

CELA SUFFIT ! PRENONS NOTRE SANTÉ EN MAINS !

Contrairement aux affirmations du gouvernement il y a d’autres solutions. Commençons par annuler les cadeaux au patronat (aucune inquiétude à avoir, cela n’enverra pas les actionnaires pointer aux restaurants du coeur) et utilisons cet argent pour relancer vraiment l’emploi et le pouvoir d’achat : 100 000 emplois créés, ce sont 2,5 milliards de cotisations ; 1% d’augmentation des salaires ce sont 2 milliards. Et cela commence à relancer la consommation et la production.

30 nouvelles suppressions de postes sont déjà envisagées pour « revenir à l’équilibre »!

Équilibre qui sera à nouveau rompu par de nouvelles restrictions budgétaires…Nous ne pourrons préserver et développer l’hôpital qu’en nous battant aussi pour un changement de la politique de santé nationale.

Il est essentiel de se mobiliser pour sauver notre système de santé et de protection sociale. Personne ne se battra à notre place. C’est pourquoi nous appelons tous ceux qui défendent notre hôpital ainsi que le droit d’accès à la santé pour tous à rejoindre le rassemblement initié par la Convergence des Hôpitaux en lutte et soutenu par la Coordination Nationale des Hôpitaux et Maternités de proximité ainsi que par le collectif « Notre Santé en Danger ».

Certes la lutte est difficile. Mais seule elle permet d’avancer et de gagner. En témoignent notre propre expérience à Argenteuil, mais aussi les victoires récentes à l’Hôtel-Dieu et à la maternité des Lilas après plusieurs années de lutte.

TOUS ENSEMBLE CRIONS NOTRE COLÈRE ET SAUVONS NOTRE SYSTÈME DE SANTÉ ET DE PROTECTION SOCIALE.

RENDEZ-VOUS MARDI 23 SEPTEMBRE A 11H DEVANT LE MINISTÈRE

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SAUVER LE SERVICE DE CANCEROLOGIE PEDIATRIQUE DE GARCHES

AIDEZ-NOUS A SAUVER LE SERVICE DE CANCEROLOGIE DE GARCHES

80% des enfants atteints d’un cancer sont enrôlés dans les essais cliniques au détriment des traitements éprouvés.

Parce que nos enfants ne sont pas des cobayes,

Parce que nos enfants n’acceptent pas de retourner dans les hôpitaux qui les mettent dans les essais sans les soigner,

Parce que tous les traitements ne sont pas équivalents,

Nous nous mobilisons pour que l’unité d’oncologie pédiatrique de Garches soit maintenue

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HOPITAL – LOI SANTE – AUSTERITE

Une politique qui continue à faire des ravages.

Pendant cette longue période électorale, la mise en œuvre de la loi Bachelot a continué de détruire peu à peu notre système de santé et de protection sociale. Du 14 décembre au 11 mai, la Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité a organisé un « Tour de France pour l’accès aux soins et pour le droit à la santé » qui, au cours de ses 30 étapes a constaté partout l’aggravation des inégalités d’accès aux soins tant sociales que géographiques.

Des luttes et des résistances se développent partout malgré la répression qui, de plus en plus, tend à se substituer au dialogue. C’est ainsi que, dans les dernières semaines seulement, on observe des grèves, des rassemblements, des manifestations… à Chaumont, Villejuif, Les Lilas, Caen, Toulouse, Lomme, Mayenne, Nice, Blois, Rennes, Tarbes, Auchel, Briançon…

Ces luttes sont difficiles mais c’est le seul moyen d’obtenir des succès : en témoigne la décision de réouverture des urgences de l’Hôtel-Dieu après des années de lutte et la fermeture de ce service! Ce succès hautement symbolique montre que c’est possible, même s’il faut rester vigilants pour que cette décision se concrétise. Nous en avons fait l’expérience à Argenteuil avec le service de radiothérapie.

A l’hôpital d’Argenteuil.

Bien évidemment notre hôpital n’est pas épargné par cette politique d’austérité. Son budget est à nouveau en déficit malgré l’augmentation d’activité et les efforts des personnels (environ 2,5 millions d’euros en 2013). En conséquence il est mis sous contrôle direct de la cellule spéciale de l’ARS ainsi que 12 autres hôpitaux d’Ile de France dont Nanterre que l’on fait mourir discrètement à petit feu.

A Argenteuil cela va se traduire par de nouvelles fermetures de lits et suppressions de postes. Plus de 2 millions d’économie vont être imposés qui se feront évidemment au détriment des patients et des personnels.

Dans ce contexte le financement des tranches 2 et 3 de la reconstruction, dont la maternité, n’est toujours pas programmé.

Loi Santé – Pacte d’austérité.

A toutes les questions posées ces derniers mois à Marisol Touraine, il était répondu qu’il fallait attendre la loi santé en préparation. La présentation de cette loi, repoussée à plusieurs reprises devait avoir lieu le 19 juin dernier. En fait, seules les grandes lignes ont été annoncées, la présentation et la discussion du texte de loi étant reportées à janvier 2015. C’est à dire après le vote de la loi rectificative de la loi de financement 2014 de la Sécurité Sociale discutée actuellement, et le vote de la loi de financement 2015 de la Sécurité Sociale prévu en décembre.

Ainsi le carcan financier sera déjà posé, limitant de fait le débat public. C’est scandaleux et inquiétant puisque ces 2 votes doivent mettre en place le pacte d’austérité Hollande-Valls qui amputera les budgets de la santé et de la protection sociale de 23 milliards d’euros. Et pour s’assurer une meilleure maîtrise, le gouvernement vient de transférer la responsabilité de ces budgets du Ministère des Affaires Sociales à celui des Finances.

Quant aux grandes lignes de cette loi, elles ne peuvent que nous inquiéter. Non seulement la loi Bachelot- HPST n’est pas abrogée mais cette loi santé poursuit sa mise en œuvre. Elle a d’ailleurs été élaborée par la même équipe qui avait rédigé la loi Bachelot.

Elle ne répond pas plus aux besoins de la population qu’aux attentes des professionnels.

Elle prétend développer la prévention mais ne prévoit aucun moyen financier.

On nous parle de « service territorial de santé AU public » et non de « service territorial de santé public ». La nuance linguistique n’est évidemment pas innocente et confirme la remise en cause du service public.

Elle rappelle la généralisation du tiers payant déjà annoncée mais ne prévoit pas les moyens de le mettre en œuvre, ce qui n’est d’ailleurs prévu qu’en 2017, c’est à dire après les présidentielles !

Une mobilisation de très haut niveau est nécessaire.

A Argenteuil comme ailleurs, il est nécessaire de combattre cette politique nationale si nous voulons que les avancées locales obtenues par nos luttes fermes et unitaires ne soient pas remises en cause.

Des mobilisations importantes se préparent pour la rentrée auxquelles il sera important de participer activement. Notre territoire a connu un très fort taux d’abstention aux dernières élections. Cela peut témoigner du mécontentement mais cela ne fait rien avancer, au contraire. C’est à la fois en votant, bien sûr, mais aussi en luttant tous ensemble au-delà de notre seul intérêt local, que nous pourrons mettre un terme à la casse de notre système de santé et de protection sociale et le reconstruire au niveau nécessaire aujourd’hui. C’est dans ce cadre que nous pourrons sauvegarder notre hôpital et lui donner les moyens de répondre pleinement aux besoins de la population.

Notre courrier de novembre dernier rappelait ce que disait Ambroise Croizat en 1946 : « Rien ne se fera sans vous. La Sécurité Sociale n’est pas qu’une affaire de lois et de décrets. Elle implique une action concrète sur le terrain, dans la cité, dans l’entreprise… »

C’est plus que jamais d’actualité !

BONNES VACANCES A TOUS. PRENONS DES FORCES POUR LA RENTRÉE.

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